Apaisants, digestifs, détox… Les tisanes, thés et infusions promettent de nombreux bienfaits bien-être. Associées à la nature et à la santé, ces boissons occupent une place de choix dans les placards des foyers. Mais derrière leur image rassurante, que trouve-t-on réellement dans nos sachets ?
Verveine et tilleul pour le corps et l’esprit, menthe poivrée et fenouil pour la digestion, ortie pour éliminer les toxines… les plantes sont au cœur des tisanes, utilisées depuis plusieurs siècles comme remèdes naturels. Aujourd’hui, les marques n’hésitent pas à faire valoir ces allégations santé, tout en créant de nouveaux mélanges pour attirer les gourmands, avec des fruits séchés, des épices.
Des plantes, mais pas toujours
Les infusions sont généralement composées de plantes séchées : camomille, verveine, tilleul, menthe, réglisse. Certaines marques associent plusieurs plantes pour renforcer les effets recherchés. Mais il existe une large échelle de qualité : certaines infusions industrielles contiennent en réalité très peu de la plante active annoncée, remplacée par des extraits, des résidus de tige, ou des arômes ajoutés pour compenser un goût trop fade.
Arômes, additifs, substances indésirables…
La présence d’arômes, naturels ou artificiels, est monnaie courante dans les tisanes vendues en supermarché. Le problème, c’est que les indications de leur origine ou de leur rôle exact sont soit floues, soit inexistantes. Certaines infusions sont aussi enrichies d’extraits concentrés de plantes, ce qui peut augmenter le risque d’interaction ou de surdosage. Plusieurs études et analyses, comme celles de 60 millions de Consommateurs ou d’UFC-Que Choisir, ont montré que certaines infusions contiennent des résidus de pesticides, même dans des produits “naturels”. Les infusions issues de l’agriculture biologique en contiennent généralement beaucoup moins, mais ne sont pas toujours exemptes de toutes traces.
Une réglementation complexe et un savoir en perte
L’usage thérapeutique des plantes est aujourd’hui strictement encadré. Seuls les pharmaciens peuvent légalement les vendre avec des visées médicinales. Les herboristes, autrefois détenteurs d’un savoir ancestral, ont vu leur statut disparaître en France en 1941. Depuis, aucun diplôme spécifique ne permet d’exercer officiellement ce métier, bien que des voix s’élèvent pour sa réhabilitation.
Certaines plantes sont interdites à la vente libre, d’autres nécessitent des précautions d’emploi. Les allégations santé sont également très encadrées : une tisane ne peut pas “soigner” officiellement, à moins d’avoir passé des études cliniques validées — un processus long et coûteux que seules les entreprises pharmaceutiques peuvent généralement assumer. Cela soulève aussi la question de l’appropriation du savoir populaire par les laboratoires, qui transforment des usages traditionnels en produits brevetés et commercialisables. À mesure que la culture industrielle des plantes s’est imposée, une partie du savoir populaire autour des usages, des dosages et des interactions possibles s’est perdue. D’où l’importance de se réapproprier cette connaissance, avec prudence, et de s’informer auprès de sources fiables.
Un marché juteux
La tisane est une filière rentable : une plante qui se vend quelques euros le kilo au producteur peut être revendue plus de 100 euros une fois transformée, conditionnée et commercialisée. Le marché du bien-être et des plantes médicinales attire de plus en plus d’acteurs économiques.
Bien choisir sa tisane
- Privilégier les tisanes en vrac plutôt que les sachets industriels
- Lire la composition : moins il y a d’ingrédients transformés, mieux c’est
- Choisir des produits bio et certifiés, avec une traçabilité claire
- Éviter des tisanes qui promettent de trop multiples bienfaits
Avec SCOP-TI, des tisanes solidaires
La SCOP-TI (Société Coopérative Ouvrière Provençale de Thés et d’Infusions) est née d’un combat syndical exemplaire. En 2010, les salariés de l’usine Fralib, filiale d’Unilever qui produisait notamment les thés Éléphant, refusent sa fermeture. Après 1 336 jours de lutte, ils reprennent leur outil de travail sous forme de SCOP (société coopérative et participative), un modèle ancré dans le mutualisme et la démocratie économique. Chaque salarié est sociétaire de l’entreprise, avec un pouvoir de décision égal.
Ce modèle coopératif renoue avec l’esprit d’entraide et de gestion collective, souvent perdu dans l’agroalimentaire industriel. Un exemple concret de relocalisation, de résistance économique et de mutualisme appliqué jusque dans nos tasses ! Aujourd’hui, la SCOP-TI propose des tisanes et thés 100 % naturels, sans arômes artificiels ni additifs, en privilégiant les filières locales et les partenariats équitables.
Source : Bonne Santé Mutualiste