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Le cadmium, des mines à nos assiettes

17 juin 2026 par
Votre Mutuelle

L’Anses nous alerte dans un rapport publié début mars de la nocivité du cadmium dans nos assiettes. Loin du tohu-bohu qu’a suscité l’information dans les médias, retour sur une nouvelle qui n’en est pas une.


Dès le début des années 1900, des médecins allemands et britanniques remarquent que des travailleurs, notamment dans les mines et dans la métallurgie, développent des troubles respiratoires et rénaux. Ce n’est qu’en 1955 que le Japon révèle l’ampleur des méfaits de ce métal qualifié de “pauvre”, lorsque la maladie itaï-itaï se déclare. Déchet de l’industrie minière rejeté en grandes quantités dans les cours d’eau, le cadmium a contaminé les cultures, les sources d’eau potable et de lavage, de pêche…


Sommes-nous tous des “bébés cadmium” ?

La question mérite d’être posée, d’autant plus que l’agriculture intensive de nos campagnes françaises d’après-guerre concerne plusieurs générations. Car aujourd’hui, l’exposition au cadmium ne concerne plus seulement des professionnels exposés, mais l’ensemble de la population, via l’alimentation. Le cadmium y est surtout introduit par les activités humaines, dont l’agriculture intensive d’après-guerre concerne plusieurs générations : engrais phosphatés, industries métallurgiques, combustion de déchets. Il s’accumule ensuite dans les cultures, notamment dans les céréales, dans les pommes de terre, dans certains légumes, mais aussi dans les coquillages et abats. À faible dose, mais de manière chronique, nous en consommons tous, et ce, depuis plusieurs décennies.


Un risque sanitaire déjà bien présent

Classé cancérogène avéré par le Centre international de recherche sur le cancer, le cadmium est associé à plusieurs cancers, notamment ceux du poumon, de la prostate, du rein et du pancréas. Au-delà de ces risques majeurs, il peut également provoquer un ramollissement des os, des douleurs articulaires ainsi que des atteintes rénales. Une exposition prolongée aggrave encore ses effets, pouvant entraîner des troubles respiratoires, des perturbations de la reproduction, ainsi que des atteintes au foie, au sang et au système immunitaire. La dose maximale quotidienne recommandée est fixée à 0,35 microgramme par kilogramme de poids corporel, seuil au-delà duquel un risque pour la santé est identifié. Or, selon l’étude Esteban* publiée en 2021, près de la moitié des adultes (47 %) et près d’un enfant sur cinq (18 %) présentent déjà des niveaux d’imprégnation supérieurs à cette valeur.


Des gestes simples pour limiter les risques

En pratique, il n’y a pas lieu de céder à l’inquiétude, mais plutôt d’adopter quelques réflexes simples au quotidien. Privilégier une alimentation variée, en favorisant si possible les produits issus de l’agriculture biologique, permet déjà de limiter une partie de l’exposition. Veiller à couvrir ses besoins en fer, en calcium et en zinc – même en cas de carences légères – est également important, car ces nutriments réduisent l’absorption du cadmium par l’organisme. Autrement dit, sans bouleverser ses habitudes, quelques ajustements suffisent à mieux se protéger et à garder une approche sereine face à ce risque.


LE PETIT-DÉJEUNER, UNE BOMBE GLYCÉMIQUE... ET CADMIÉE

Si les scientifiques nous ont souvent mis en garde contre le petit-déjeuner traditionnel trop sucré et trop gras, un autre aliment nocif s’y cache: le cadmium. Très présent dans les produits céréaliers, nos enfants y sont particulièrement exposés: deux biscuits fourrés, un bol de chocolat chaud et des céréales industrielles, et un enfant de 10 ans a déjà atteint la moitié de la dose maximale quotidienne de cadmium.



Vos mutuelles s'engagent !

Cette situation n’est pas sans rappeler celle de l’amiante. Longtemps utilisé malgré

des signaux d’alerte précoces et les revendications portées par les mutuelles,

l’amiante a illustré les limites d’une prise de décision tardive face à un risque sanitaire

diffus. Comme pour le cadmium, l’exposition est invisible, progressive, et ses effets

apparaissent souvent des années plus tard. C’est pourquoi les mutuelles du groupe Entis se saisissent à nouveau de ce sujet pour vous informer au travers des pages de votre magazine



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