Les Français ont beaucoup de progrès à faire pour lutter contre une épidémie d’inactivité et de sédentarité évoquée par certains chercheurs.... Alors marchons, marchons, marchons au rythme de Rouget de l'Isle.
Grande Cause Nationale 2024, sujet d’une campagne de l’OMS Europe en juin 2025, la lutte contre la sédentarité est récurrente mais souvent ignorée ou passe inaperçue.
Elle souligne pourtant les bénéfices de l’exercice physique pour la santé à tous les âges de la vie. Hélas ! le manque de motivation individuelle entraîne l’inactivité physique, comme l’indique la campagne de l’OMS.
Inciter à bouger
Encourager la population à se dépenser et à pratiquer des activités sportives est indispensable au regard du taux d’obésité : 47 % des Français adultes sont concernés par le surpoids. Les Français sont trop souvent sédentaires : la sédentarité est désormais considérée par l’OMS comme le quatrième facteur de risque de mortalité mondiale.
Les objectifs de la campagne visent à réduire les risques liés au manque d’activité physique comme les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité ou la dépression, à inciter à marcher ou à faire du vélo quotidiennement, même sur de petites distances, et à encourager un changement durable des habitudes de vie, en intégrant l’exercice dans la routine.
Trente minutes qui changent tout
Les recommandations sont claires : il faut au moins 30 minutes d’activité physique modérée par jour, comme de la marche rapide, du vélo ou même du jardinage.
Pourtant, plus de 30 % des adultes français n’atteignent pas ce minimum, et ce taux grimpe chez les adolescents. Grâce à cette demi-heure quotidienne, les bénéfices se ressentent à court et à long terme : la santé, mentale et physique, se renforce.
Ralentir est aussi efficace pour avancer
Dans les campagnes de prévention santé, les injonctions à bouger, à être performant et responsable de sa santé ont des accents culpabilisants. Si vous ne bougez pas, c’est que vous êtres paresseux. Or ne rien faire, que ce soit dans le règne animal ou végétal, fait partie des cycles de la vie. L’être humain a aussi droit au repos. C’est la dimension politique de ce droit que met en lumière Paul Lafargue, gendre de Karl Marx, dans Le Droit à la paresse (éditions La Découverte) : le culte du travail est une aliénation moderne. L’humanité s’épuise à produire toujours plus, au détriment de sa liberté et de sa santé.
Dans cette continuité, plusieurs auteurs ont réhabilité la lenteur, l’ennui fertile et l’art de ne rien faire. Loin de prôner l’immobilisme complet, ils valorisent une paresse choisie, propice à la rêverie, à la création et au recentrage sur soi. Dans un monde saturé de sollicitations et de productivité permanente, la paresse offre de nombreux bénéfices : une meilleure clarté mentale, un regain de créativité, une réduction du stress et de l'épuisement, une reconnexion au rythme naturel du corps et de l'esprit.
Quand le numérique joue les coachs
Alors qu’elle augmente la tendance à la sédentarité et encourage l’inactivité en nous rivant au canapé, la technologie peut être aussi un allié inattendu pour nous inciter à bouger. Applications mobiles, montres connectées, podomètres intégrés aux smartphones : ces outils numériques transforment chaque pas en objectif à remplir.
Le fait de suivre son nombre de pas dans la journée (souvent avec pour objectif 10 000 pas) est motivant. Ces applications de suivi d’activité physique offrent encouragements, défis hebdomadaires, bilans et suivis personnalisés. Elles encourageant la régularité. Comme des coachs !
Source : Bonne Santé mutualiste