À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, il est essentiel de faire le point sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.
Instituée par l’Organisation des Nations unies, cette journée rappelle que, malgré des avancées législatives et sociétales, les inégalités persistent. L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes demeure une réalité dans de nombreux pays, y compris en France. À poste et compétences équivalents, les femmes perçoivent encore en moyenne un salaire inférieur à celui des hommes.
Point historique : en France, la première loi importante fixant cette égalité de rémunération, a été adoptée le 22 décembre 1972. C’est la loi fondatrice. D’autres textes, après cette date, sont venus la compléter et la renforcer.
Avec un recul de plus de 50 ans, force est de constater que la réalité du terrain est encore loin de l’application de la loi
Ce que disent les textes de loi
L’ensemble des entreprises privées et les collectivités du secteur public se doivent d’appliquer cette égalité. Autrement dit, pour un même travail ou un travail de valeur égale, les femmes et les hommes doivent être rémunérés au même salaire : la discrimination fondée sur le sexe est interdite.
Ce que disent les chiffres*
L'écart global : en revenu salarial annuel, les femmes touchaient 22 % de moins que les hommes. Tous temps de travail confondus les salaires féminins valent en moyenne 77 % des salaires masculins
L'écart à temps de travail égal : les femmes touchent 14 % de moins. Les inégalités de salaires proviennent des différences de temps de travail.
Au moins une femme sur quatre travaille à temps partiel. De plus, le temps de travail des hommes est plus accru par les heures supplémentaires qu’ils effectuent plus souvent que les femmes.
L’écart à temps de travail égal et à métiers équivalents : même là, les femmes touchent 4 % de moins.
Les femmes occupent moins souvent des postes d’encadrement que les hommes : elles sont donc moins nombreuses parmi les hauts salaires. De plus, même à catégorie sociale comparable, elles n’exercent pas dans les mêmes secteurs professionnels. Les métiers majoritairement choisis par les femmes sont souvent les moins rémunérateurs.
Ces trois chiffres qui disent la même chose : le combat doit toujours et encore continuer.
Il ressort que cet écart salarial entre les femmes et les hommes est profondément ancré dans l’organisation de notre société patriarcale et dans nos mentalités.
Les premières explications s’inscrivent principalement autour de 3 thématiques :
• La charge de la parentalité et la charge mentale
Elles restent encore bien souvent sur les épaules des mères, même si les pères ont évolué à ce niveau-là.
Un exemple radical : le mouvement 4b, mouvement socio-culturel apparu en Corée du Sud, vise à encourager les femmes à se libérer des normes de genre et des attentes sociétales patriarcales. Ce mouvement 4B représente une réaction aux pressions culturelles et économiques auxquelles les femmes coréennes sont confrontées, comme le mariage et la maternité. En résumé, 4b = pas de couple, pas de sexe, pas de mariage, pas d’enfant.
• L’orientation scolaire des femmes et le plafond de verre
Les femmes ont généralement un taux de réussite supérieur au baccalauréat. À ce niveau-là déjà, elles choisissent moins les études scientifiques. Et par la suite, elles sont aussi moins candidates aux formations sélectives dans Parcoursup.
D’autre part, une fois dans le monde du travail, les femmes sont encore touchées par une discrimination nommée "le plafond de verre" : les femmes peuvent progresser dans la hiérarchie mais seulement jusqu’à un certain niveau. Résultat, elles sont en grande partie absentes du sommet de la hiérarchie.
• La misogynie
Une nouvelle menace a été identifiée sous le nom de masculinisme. Il s'agit d'un mouvement réactionnaire, misogyne et androcentré (focalisé sur les intérêts propres aux hommes), qui essentialise la différence homme femme, réaffirme la masculinité conventionnelle, défend les privilèges masculins, la virilité et lutte contre les féministes. C’est une sorte de réaction aux avancées féministes.
La phrase de Simone de Beauvoir "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question », prend toute son importance dans ces temps obscurs.
Lumière sur le CAM 8 MARS
Le CAM du 8 mars, pour les droits des femmes a été créé en 2013. Il est porté financièrement par l’Union des Mutuelles de France Mont-Blanc et la Mutuelle de France Unie, deux organismes issus des mutuelles de travailleurs, à but non lucratif et en partenariat avec l’association Liaison des Comités d’Entreprises 74.
Dès l’origine, l’objectif du CAM du 8 mars est de donner la parole aux femmes, mettre en lumière leurs revendications, qu’elles soient d’ordre professionnel, privé, familial, et/ou en lien avec la santé, et agir pour leurs droits. C’est un lieu d’échanges, de rencontres et d’actions.
*selon l’INSEE sur l’année 2023